Oldtimer Motorcycle Museum
Généralement considérés comme parents pauvres dans la nébuleuse
des collections d'ancêtres, les musées consacrés aux motos
anciennes sont inhabituels. C'est ce défit qu'a décidé de
relever Johan Schaverbeke avec son
petit musée d'Oudenburg. Cependant, si vous êtes un
fanatique des motos japonaise ou un inconditionnel des Harley,
passez votre chemin car celui-ci est presque exclusivement
consacré à la moto européenne et c'est réjouissant.
Texte
& photos : Benoît PIETTE
Soixante-cinq ans d'histoire.
Souvent méconnue par les jeunes générations de motards,
l'histoire de la moto prend beaucoup de ses racines en Europe,
et Johan vous l'expliquera longuement - et ce dans les deux
langues nationales - en vous présentant sa collection d'une
bonne centaine de motos. Collectionneur depuis une vingtaine
d'années, Johan a décidé de passer à la vitesse supérieure il y
a dix ans, en proposant ses demoiselles au public.
Très éclectique, elle regroupe des motos, des motocyclettes,
mais aussi quelques engins plus rares comme des tricycles. Le
parcours débute avec une moto Triumph 500 cc. type H de 1914
pour se terminer presque 65 ans plus tard avec une… Triumph
Bonneville de 1978. N'allez surtout pas croire que cette
collection ne regroupe que des engins de Coventry ! Mais le clin
d'œil européen était intéressant car cette marque, on ne peut
plus britannique, a été fondée en 1883 par Herr Siegfried
Bettmann de Nürnberg et la première moto Triumph était propulsée
par une moteur belge… Minerva !
De toute l'Europe, mais aussi de
Belgique.
Au
fil des allées, on découvre ainsi des marques, aujourd'hui
disparues comme les anglaises BSA, Norton ou de rares
Francis-Barnett ou New-
Hudson. L'Allemagne est représentée par
les incontournables BMW et NSU. Quant aux italiennes, les
Ducatti, Minarelli, Guzzi, Mi-Val, etc… elles sont épaulées par
les inévitables scooters Lambretta et Vespa.
Quelques françaises rappellent à ceux l'ont oublié, que la
France a été aussi un vivier européen de la moto et qu'elle
serait restée incontournable si, après la guerre, Paul-Marie
Pons ne l'avait pas négligé dans son plan quinquennal censé
relancer l'industrie des transports
[1].
On y redécouvre, pêle-mêle, des motos Alcyon, Cyclo-Traction, La
Française, Mobylette, Motoconfort, Moussard, Solex etc…
Ce
musée aurait perdu beaucoup de sa valeur si la Belgique avait
été oubliée : les demoiselles de Herstal (FN, Saroléa et Gillet)
y sont naturellement présentes. Néanmoins, n'oublions pas que
notre pays n'était pas limité qu'à ce célèbre trio ! Socovel, La
Mondiale, Lion Rapide, La Couronne, Mineur, Flandria et d'autres
encore, démontrent combien le passé motocycliste belge a été
riche.
Un
peu perdus dans cet univers européen, quelques Whizzers dont un
tandem encadrent une Harley Davidson.
Du plus rare au plus curieux.
Le
musée ne se limite pas aux deux roues : au détour d'une allée on
y découvre deux tricycles pour handicapés de la marque française
Poirier.
Un peu plus loin, un prototype de mini scooter Flandria
conçu par le bureau d'étude de la marque pour les enfants.
Si
Johan devait choisir une moto parmi toute sa collection, ses
préférences iraient sûrement vers la Praga de 1927, une moto
rare et assez exceptionnelle, propulsée par un moteur de 500 cc.
"Breitfeld –Danek" à double arbre…
La
décoration du musée est recherchée : des revues, des bidons
d'huile et autres matériels d'époque sont disposés au gré des
allées. Aux murs, on y découvre des affiches ainsi que les
inévitables plaques émaillées retraçant avec nostalgie tout un
pan de l'histoire industrielle européenne.
Pour tout voir, il vous faudra certainement plusieurs jours… et
ça tombe bien : si vous êtes à moto, sachez que le musée est
adossé à un hôtel exclusivement réservé aux motards le "Groendijk
Motorcycle Loft Hotel"
Si
ce
musée vous intéresse, Johan se fera un plaisir de vous
accueillir les samedis de 14h00 à 17h00 et les dimanches de
10h00 à 17h00.
Pour les autres jours téléphonez à Johan
(+32(0)473 708 078)